Vers une évolution des modes de consommation ?

Bien avant la crise sanitaire que nous subissons actuellement, de nombreux indices  laissaient à penser que nous nous dirigions vers une évolution de nos modes de consommation et l’arrivée de nouveaux modes de consommation. Une prise de conscience globale, boostée notamment par la montée en puissance d’acteurs digitaux. Nous pouvons citer par exemple YUKA, qui amène le consommateur à s’interroger sur la provenance et la qualité du produit qu’il achète. Ce questionnement est également accompagné par les médias qui ont permis de mettre en lumière des initiatives telles que “les lundis sans viande et sans poisson”.

Tous ces éléments, mis bout à bout, viennent, pour la première fois depuis presque 50 ans, ébranler un mode de consommation de masse basé sur la croissance et le développement de produits de consommation à usage unique. Avec comme indicateur-clé, l’augmentation des ordures ménagères par foyer qui a grimpé de 32% entre 1960 et 2003.  Pour bien comprendre de quoi nous allons parler en projection dans cet article, il nous semble important de revenir quelques années en arrière au début des années 60 et l’arrivée d’un nouveau type de commerce : les hypermarchés. 

Les années 60-90 l’essor des grandes surfaces : l’émergence de nouveaux mode de consommation

Apparu dans les années 60 et porté par l’industrie de l’automobile, l’hypermarché est le symbole de la consommation de masse. A l’époque, c’est une véritable révolution pour tous les ménages français. Les hypermarchés sont la promesse de retrouver en un lieu unique l’ensemble des produits de grande consommation, frais ou secs, dont un ménage a besoin. Avec en plus, tout un arsenal d’équipements électroménagers à disposition. De grands parkings avec la possibilité de pouvoir tout régler à une seule et même caisse. Ce modèle, l’hypermarché, est la base d’une évolution de la société vers une consommation de masse. Leurs volumes d’achats leur permettent d’offrir les prix les plus bas à leurs clients.

Ainsi, entre 1949 et 1973, la part des produits courants dans le budget des ménages passe de 44% à 25,9%. Cette baisse significative laisse le champ libre à de nouvelles dépenses : électroménager, loisirs ou encore vacances. Ce modèle sera prospère pendant de nombreuses années. Mais aujourd’hui il met en lumière de véritables disparités. Le “made in France” a disparu, la faute à une course effrénée au bas prix. Nos agriculteurs sont en difficulté et ne peuvent survivre qu’à travers les PAC, politiques agricoles communes. Et nos centres-villes sont devenus des zones en difficulté économique.

Consommer plus local, connaître la traçabilité des produits

Si un pays concentre toutes les crispations au sujet de la surconsommation, c’est bien la Chine. A tel point qu’aujourd’hui, annoncer qu’un produit vient de Chine apporte une connotation négative. Connotation souvent assimilée dans l’imaginaire collectif à de la mauvaise qualité environnementale et sociale. L’avènement d’Internet avec deux révolutions majeures, le smartphone et les réseaux sociaux ont redonné du poids aux consommateurs. Ils ont inversé le rapport de force entre distributeurs et marques d’un côté  et clients de l’autre.

Aujourd’hui d’ailleurs, l’un des premiers changements notables, est que l’on ne parle plus de client ou prospect. On parle d’une communauté qu’il faut fédérer. La communauté souhaite tout connaître de la marque. Que ce soit son histoire, ses valeurs, l’origine de ses fournisseurs, ses lieux de productions. Ou encore ses engagements sociaux et environnementaux. L’ensemble de ces facteurs deviennent des éléments clés au moment de faire un acte d’achat.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que chez Septembres nous avons fait le choix fort d’être transparent quand à nos fournisseurs. 80% de nos fournisseurs proviennent de Nouvelle Aquitaine. Et, en moyenne, ils sont situés à moins de 180 kms de notre atelier de production. Afin de renforcer notre engagement, dans ce que nous nommons l’écologie sociale, nous travaillons en collaboration avec 3 ESAT. Chaque ESAT est situé à moins de 80 kms de notre atelier. L’ESAT Brousse Saint Christophe à Bergerac. l’ESAT Descartes à Artigues près Bordeaux et l’ESAT Audenge situé à Audenge près du Bassin d’Arcachon. 

Consommer “made in France” et favoriser le réemploi comme nouveaux mode de consommation? 

Comme nous avons pu l’aborder précédemment, ces dernières années ont vu accroître le nombre de déchets par foyer. Nous devons, à l’instar de ce que vit l’industrie textile, développer le réemploi. Et bannir autant que possible les produits et emballages à usage unique. Nous parlons de l’industrie textile car c’est l’une des premières à être touchée de plein fouet par la nécessité de réemploi.

Face à la montée en puissance de plates-formes, telle VINTED, les marques sont en train de réagir. Tout d’abord, à travers le collectif “Réparons, Réutilisons, Recyclons” qui sensibilise à la deuxième vie des textiles. Ou encore avec l’apparition de “corner 2nde main” dans les magasins. Au final, si nous ne devions retenir qu’un point, c’est bien la nécessité de réutiliser nos produits. Pour aller plus loin, nous avons d’ailleurs réalisé un article sur l’un des trois piliers de Septembres: l’upcycling. 

Un autre phénomène prend de l’ampleur : le “made in France”. Portées par une jeune génération d’entrepreneurs, de nombreuses entreprises souhaitent relocaliser leurs productions en France. Outre leur conviction sur le sujet, cela s’avère surtout être une réelle demande. Selon une étude de l’IFOP «90 % des Français considèrent la thématique du made in France comme importante pour l’avenir et 79 % déclarent s’y intéresser de plus en plus ». 

Nous venons de voir, à travers cet article, à quel point nos modes de consommation sont en train d’évoluer. Nous souhaitons aujourd’hui consommer plus local, plus sain ou encore plus écologique. Afin d’être le plus complet possible sur le sujet des nouveaux mode de consommation, il nous semble important d’évoquer la consommation sociale. L’économie sociale et solidaire prend également chaque jour une place plus importante. Des cafés solidaires voient le jour, les ESAT développent leur CA ou encore des associations re-dynamisent des territoires.

Tout cela marque une nouvelle volonté de la part des consommateurs de donner du sens à leurs actes d’achats. Nous ne sommes qu’au départ de ces mouvements. Mais si nous devons avoir une certitude, c’est que cela ne pourra passer que par l’envie collective de faire bouger les choses. 

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